Un homme et une femme se rencontrent dans un train. La femme est une comtesse russe de Pétersbourg, une très belle aristocrate, qui voyage au sud de la France pour sa santé. Elle laisse à contrecoeur un mari en Russie, un mari qui ne l'aime plus.
Un homme entre brusquement dans son compartiment. Comme c'est une région où il y a beaucoup de brigands et de voleurs, et comme elle porte une grosse somme d'argent avec elle, elle a naturellement grand-peur. L'homme qu'elle voit n'a pourtant pas l'air d'un malfaiteur. Il est est beau, cultivé, habillé en tenue de soir, et il est blessé à la main. Il dit à la comtesse immédiatement de ne pas avoir peur de lui. Il est en danger et il a besoin d'aide.
La comtesse l'aide. Elle le fait passer pour son domestique et renvoie son vrai domestique Ivan à Pétersbourg. Mais elle attache à ce qu'elle fait une seule condition: l'homme ne lui parlera plus jamais un seul mot. Il accepte la condition et ils continuent en route pour Menton, au sud de la France.
Les années passent, et la femme vieillit. Elle est
toujours
malade. L'homme ne lui parle pas, mais il ne la quitte pas non
plus.
Il la surveille d'une distance, l'adorant de loin, sans jamais
s'approcher
d'elle. Il demande souvent de ses nouvelles auprès de son
médecin.
Elle sait qu'il est là, aussi.
Il est amoureux d'elle, et
elle de lui, mais ils ne se parlent jamais.
On demande souvent à la dame pourquoi ils ne se parlent pas, et elle répond que cela gâcherait un amour parfait. Ils continuent comme ça jusqu'au jour de la mort de la comtesse. Ce jour-là, l'homme prie au médecin de le laisser voir le corps. Il tient la main de sa bien-aimée et il pleure désespérément, puis il s'en va.
La question principale que soulève cette histoire est: est-ce que ces deux, qui semblaient être passionément attachés l'un à l'autre, bien qu'ils se connaissent à peine, est-ce qu'ils s'aimaient? Est-ce que c'était vraiment de l'amour? Ou est-ce que c'était seulement une illusion de l'amour, l'idée romantique de l'amour?